Le télétravail : une pratique ancrée dans les entreprises
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Selon l'étude de l’Insee Analyses n° 105, parue en mars 2025, le télétravail s’est imposé comme une nouvelle norme dans de nombreuses entreprises françaises depuis la crise sanitaire. Cette étude analyse les tendances du télétravail, qui combine présence en entreprise et travail à distance. En 2024, plus d'un salarié du secteur privé sur cinq travaille à distance au moins une fois par mois, avec une organisation hybride privilégiant en moyenne deux jours de télétravail par semaine.
Un essor rapide post-pandémie
Avant la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, le télétravail était peu répandu : en 2019, seuls 4 % des salariés le pratiquaient régulièrement. La pandémie a bouleversé cette tendance, avec des pics à 30 % lors des confinements de 2020. Depuis, la pratique s’est stabilisée autour de 22 % des salariés en 2024, avec un nombre moyen de 1,9 jour télétravaillé par semaine.
Des disparités sectorielles et socioprofessionnelles
Le télétravail est particulièrement répandu chez les cadres (63 %) et dans les secteurs de l’information-communication (75 %) et des services financiers (60 %). En revanche, il reste marginal dans les secteurs nécessitant une présence physique, comme l’hébergement-restauration. Par ailleurs, les grandes entreprises affichent des taux plus élevés de télétravail (34 %) que les petites et moyennes entreprises (18 %), en raison de leur structuration et de la nature des postes proposés.
Des facteurs favorisant le télétravail
Plusieurs facteurs influencent l’adoption du télétravail : outre la taille de l’entreprise, la catégorie socioprofessionnelle et les conditions de logement sont des éléments déterminants. Par exemple, les salariés habitant à plus de 100 km de leur lieu de travail ont une probabilité de télétravailler supérieure de 12,2 points par rapport à ceux vivant à moins de 5 km. De plus, les femmes ont une probabilité de télétravailler supérieure de 6,4 points à celle des hommes.
Une pratique encadrée
La formalisation du télétravail par des accords d’entreprise s’est accélérée. En 2022, 4 % des accords abordaient cette thématique, contre moins de 1 % en 2017. Près de la moitié de ces accords sont désormais signés pour une durée indéterminée, témoignant de l’enracinement de cette pratique. La majorité des accords récents prévoit jusqu'à deux jours de télétravail par semaine, reflétant une tendance à l'équilibre entre travail à distance et présence sur site.
L’évolution des conditions de travail
Le télétravail a considérablement transformé les conditions de travail, notamment en matière d’organisation et de bien-être des salariés. Selon les études de la Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES), cette pratique a entraîné des ajustements dans les modalités de gestion du temps et des espaces de travail. L’autonomie et la flexibilité offertes par le télétravail ont amélioré la satisfaction de nombreux salariés, mais ont également posé des défis en termes de surcharge cognitive, d’isolement et de maintien des dynamiques collectives.
Cependant, des inégalités persistent : les débutants et les salariés les plus anciens ont moins recours au télétravail que ceux d’ancienneté intermédiaire. Le télétravail est également moins accessible aux salariés occupant des postes à faible qualification, renforçant certaines disparités sociales.