Enquête | Un jeune sur quatre souhaite changer de métier
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Le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) a publié, en mars 2025, les résultats de l'enquête Génération réalisée auprès de sortants de formations initiales en 2017. Elle révèle qu'un quart des jeunes actifs a envisagé de changer d'orientation professionnelle et engagé des démarches en ce sens entre 2020 et 2023. Cette tendance touche particulièrement les jeunes qui rencontrent des difficultés d'insertion sur le marché du travail mais elle concerne aussi des profils variés.
Des motifs divers et des profils multiples
Améliorer ses conditions de travail, acquérir une stabilité professionnelle, mieux concilier vie professionnelle et personnelle, obtenir une meilleure rémunération sont d'autant de motifs pour envisager un changement d'orientation professionnelle et favoriser les mobilités d'emploi. Ce phénomène s'amplifie dans un contexte de crise économique liée à la crise sanitaire de Covid-19, pour la Génération sortie du système scolaire en 2017, dont un tiers répondait avoir envisagé une réorientation professionnelle. Entre 2020 et 2023, 36 % déclarent avoir envisagé une réorientation professionnelle, et 24 % affirment avoir engagé des démarches en ce sens.
Une réorientation professionnelle induit par la volonté de changer de métier
La volonté de changer de métier est un facteur essentiel dans le souhait de se réorienter professionnellement. En effet, 93 % des jeunes ayant entrepris des démarches l'ont fait pour changer de métier, et 83 % pour évoluer vers un autre secteur d'activité. La moitié souhaite également changer de statut (salarié vers indépendant ou inversement), et un tiers envisage de changer de lieu de vie en parallèle.
Une réorientation professionnelle influencée par son parcours professionnel ou familial
La démarche de réorientation professionnelle est influencée par les parcours professionnels et le diplôme, mais aussi par des facteurs tels que l'état de santé, la situation familiale ou encore l'origine sociale jouent aussi un rôle crucial.
Les plus concernés sont les jeunes éloignés du marché du travail : celles et ceux ayant connu une période de chômage persistante ou récurrente (31 % contre 24 % en moyenne), cela s'accentue s'ils ont fait des études supérieures dans ce cas (40 %).
Par ailleurs, Les jeunes confrontés à des problèmes de santé ou de handicap se réorientent 1,5 fois plus que les autres.
L'insatisfaction au travail est un autre facteur qui suscite une volonté de se réorienter : trois ans après la sortie des études, 42 % des jeunes estimant que leur emploi ne correspondait pas à leur formation et qui ne s'y épanouissaient pas, ont entrepris des démarches de réorientation.
Des freins à la réorientation
D'autres facteurs, à l'inverse, constituent un frein à la réorientation professionnelle. Être issus de milieu modeste ou vivre encore chez ses parents trois ans après la fin des études diminuent les chances d'engager des démarches de reconversion professionnelle. De même qu'avoir un ou des enfants à charge réduit la probabilité de réorientation professionnelle.
Des conséquences positives pour les démarches menées à termes
Lors de l'enquête, 18 % des jeunes ayant engagé des démarches considèrent leur réorientation aboutie et 92 % d'entre eux sont en emploi six ans après leurs études contre 82 % de ceux n'ayant pas entamé de démarche de réorientation professionnelle.
95 % de ceux dont les projets ont abouti déclarent se réaliser professionnellement en 2023 contre seulement 71 % en 2020.
L'étude souligne les rôles essentiels que jouent l'accompagnement et les dispositifs de formation tels que le Compte personnel de formation (CPF) et le Conseil en évolution professionnelle (CEP), dans la concrétisation des projets engagés.